D’où ça vient

Comme ça vient..d’où ça vient

Je dessine depuis toujours dans les cahiers de textes et sur les papiers volants de mon enfance. J’ai été bercée par les images noires et blanches des portraits photographiques que mon père réalisait et que nous développions le dimanche. Mes parents m’ont donné le goût des livres, des arts. Mon oncle peintre aussi a été une source d’admiration.

Tout me venait et donnait du sens à ce que je voyais. une image, un mot, une histoire, une ombre, un rêve, un vers, tout se répondait.

De mon enfance je garde des souvenirs de forêts, de rivière, de champignon, de tapis aux motifs anciens, de grandes reproductions de peintres aux murs, de la baignoire aux pattes de lion, des tables et bancs en granit du jardin, des vieux livres lus avant de savoir lire…

de l’autre côté de la mer, J’ ai imaginé. Mes ancêtres s’appelaient Achille, Athéna, Adon, d’autres n’avaient pas de nom, mais des profils, des corps, des décors.

Jean,

Puis, comme les ruines antiques d’une civilisation disparue, il reste des traces, comme là une colonne blanche, ici une sculpture sans bras, un morceau de mur, un objet magnifique dont on a perdu la signification alors que cette colonne était peinte de couleurs vives, que cette sculpture était parée, que cet objet était doté de pouvoir magique.. Dans mon travail, je pense que c’est la même chose. Il reste des traces, détournées de leur sens, comme cette mythologie imaginaire, des ancêtres que je j’ai inventé, de ce frère qui ne sera plus là. Et puis, avec les ans passés, j’ai déposé la légende familiale dans le grenier et suis venue à traiter le visage, la peinture, le dessin.Le visage comme un paysage. Chaque portrait un monde, toute une histoire.

Le silence souvent.

Ensuite est venu le choix et l’engagement. Les Beaux-Arts m’ont fait grandir dans ma façon d’envisager la création, comme une recherche consciente et permanente. Je n’ai jamais arrêté depuis lors, malgré les doutes et les obstacles. C’est inexplicable et nécessaire à ma vie. La création me porte, je la nourris et elle me nourrit en retour. Une longue entracte cependant, pour élever mes deux enfants, faire bouillir la marmite et nourrir les deux ogres.  Je n’ai pourtant jamais arrêté. Un ralentissement, un demi sommeil.

Depuis 5 ans cependant les expositions et projets pointent leur nez. Je suis venue à la peinture après les Beaux-Arts. Auparavant je mettais en scène de petits personnages, ombres, têtes en terre crue. La nécessité de créer et le manque de place m’ont amené à la toile. La toile comme une scène de théâtre. Une peinture en appelle une autre, les émotions, un mot, un livre, une ombre, ma vie, l’amour, tout m’inspire. Mon atelier est dans ma tête, dans un carnet que j’emporte dans mon sac aussi. Je ne passe pas une heure sans penser à la toile en cours que j’ai laissé à la maison et qui m’attend.

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